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Avec cette septième place sur laquelle personne n’aurait parié il y a trois mois (notamment en raison de l’âge du bateau), celui que tout le monde surnomme « Cali » acquiert une nouvelle stature. A la barre d’un des plus vieux bateaux de la flotte, il laisse le souvenir d’un bagarreur, capable de faire jeu égal pendant 20 000 milles avec des coursiers de nouvelle génération. Dans cette édition extraordinaire du Vendée Globe qui a vu de nombreux bateaux contraints à l’abandon, Arnaud aura rencontré comme tous ses adversaires quelques soucis techniques (détails ci-après) mais aucun d’entre eux n’aura entravé sa volonté de terminer son tour du monde. Plus qu’un régatier acharné, le grand public a découvert un marin heureux, généreux, drôle et conscient de sa chance de participer à une telle aventure. On se souvient notamment de ce père Noël bondissant le soir du 24 décembre sur le pont de son bateau, hurlant sa joie d’être en mer à des albatros impassibles. Il faut dire que ce Vendée Globe représente pour Arnaud une sacrée revanche sur la vie. Son premier souvenir de l’épreuve date de l’édition 1992-93, alors qu’il souffrait d’une leucémie. Son père avait alors décidé d’emmener l’adolescent au départ pour lui mettre quelques rêves en tête et lui donner la force de poursuivre son combat. 17 ans plus tard, c’est un homme mur qui s’apprête à franchir la ligne d’arrivée à bord d’un bateau d’exception. Sa « véranda » comme il l’appelle a prouvé une fois de plus sa fiabilité en bouclant son troisième Vendée Globe (2000 avec Thomas Coville et 2004 avec Sébastien Josse), un sacré symbole pour un sponsor qui construit pour durer. Retour sur 105 jours de course
J+ 2 Premiers jours, première tempête Le Golfe de Gascogne, fidèle à sa réputation, cueille les concurrents avec des conditions dantesques. Plus de 40 nœuds de vent, une mer hachée et les premiers abandons sont signalés. Groupe Bel démâte, il sera suivi dans la même journée par DCNS et Aquarelle.com. Le lendemain, Hugo Boss est lui aussi contraint à l’abandon pour des problèmes de structure. Arnaud Boissières se sort indemne de cette première épreuve. Seul un anémomètre est touché. Une broutille comparée à ce qui a pu arriver à certains. J+ 5 Passage à l’Est, l’option culotée Alors que la flotte progresse groupée au large de l’Afrique, Arnaud décide de tenter sa chance par l’Est. Il est le premier à passer à l’intérieur de l’archipel des Canaries. Au portant, son allure favorite, il grappille les places une par une. 11ème au Cap Vert, le barreur ne s’enflamme pas, il sait qu’il faut attendre l’arrivée au Pot Au Noir pour connaître le véritable bilan de son option. En quelques jours, ses concurrents parviennent à revenir. Déçu, il retrouve la 17ème place. J+ 14, le 23 novembre Franchissement de l’équateur J+ 19 Au sud de Salvador de Bahia, le début de l’inconnue Comme plusieurs bizuths, Arnaud n’est jamais descendu plus au Sud que Salvador de Bahia, longtemps ville d’arrivée de la Transat Jacques Vabre et de la Mini Transat. En passant cette latitude, il s’aventure sur une mer inconnue. Le surlendemain, il bat son record de temps passé en mer qui était de 21 jours. J+29 – le 8 décembre Franchissement du Cap de Bonne Espérance - Passage dans l’océan indien J+ 31 et J+ 42 Eolienne et solent, les sacrifices faits à l’Indien Après une descente de l’Atlantique Sud plutôt lente pour tous, AKENA Vérandas franchit la longitude du Cap de Bonne Espérance le 8 décembre. Le surlendemain, la première tempête des mers du sud le cueille. Lors d’un départ au tas, son éolienne passe à l’eau et perd trois pales. Cette avarie, bien que mineure, pose le problème de l’énergie à bord. Onze jours plus tard, c’est le solent, puissante voile d’avant, qui se déchire. Cette perte déjà pénalisante dans le grand sud où le vent est soutenu devient un véritable handicap dans la remontée de l’Atlantique. J+ 43 – le 22 décembre Franchissement du Cap Leuwin – passage dans le Pacifique J+ 44 Avec Aviva et Pindar, début du match France / Angleterre A l’approche des côtes australiennes, Brian Thompson à bord de Pindar rencontre de gros problèmes de structure. Il est contraint de ralentir et évolue devant le couple Aviva / AKENA Vérandas. Les trois bateaux resteront groupés jusqu’au Cap Horn. J+ 45 – le 24 décembre Le père Noël à bord d’AKENA Vérandas Dans une vidéo envoyée à la direction de course, Arnaud se film en père noël bondissant sur le pont de son bateau. Les images sont reprises par de nombreuses chaînes de télé et il est élu officieusement « meilleur Père Noël du Vendée Globe ». J+ 64 Aviva dans le tableau arrière Mieux placé lors de la dernière descente jusqu’au Cap Horn, AKENA Vérandas prend l’avantage sur AVIVA. J+ 65 R2D2 HS La dernière porte du Pacifique franchie, une tempête plus violente que prévue passe sur le bateau vendéen. Dans des vents de plus de 60 nœuds, une puissante vague vient arracher l’antenne fleet, c'est-à-dire le gros dôme à l’arrière du bateau qui ressemble au robot de la guerre des étoiles. Dès lors, Arnaud ne peut plus envoyer de vidéos ni de photos. Son accès aux fichiers météo devient plus compliqué. J+ 66 L’angoisse de la panne sèche Depuis début janvier, Arnaud se pose des questions sur l’énergie à bord. Il craint de ne pas avoir pris suffisamment de gazole. Il décide d’économiser son carburant en limitant l’utilisation de l’ordinateur et en faisant fonctionner le pilote automatique en mode « éco ». Il profite également au maximum du soleil et parvient à réparer son éolienne. J+ 67 – Le 15 janvier Conditions dantesques au Cap Horn Le Cap Horn est conforme à la légende. Une dépression orageuse en provenance des côtes sud américaines se prépare. Sur les fichiers sont annoncés des vents de plus de 80 nœuds, autant dire que les trois bateaux concernés sont en situation de danger. La course est mise entre parenthèses et sur les conseils de la direction de course, Arnaud se place près du centre dépressionnaire, un « œil du cyclone » ou les rafales ne dépassent pas les 50 nœuds. Un peu secoué, le monocoque sort indemne de cette épreuve. J+ 72 L’Atlantique, une remontée laborieuse Les premiers jours dans l’Atlantique sont une libération. Porté par un flux de sud, le voilier noir et vert progresse rapidement le long des côtes argentines et la température à bord remonte vite. Après quelques jours à cette allure, le vent faiblit et l’absence de solent se fait cruellement sentir. Pénalisé, AKENA Vérandas se fait rattraper par une zone de molle alors qu’AVIVA et Pindar parviennent à s’échapper. C’est le début du calvaire pour Arnaud qui, jusqu’aux Açores, connaîtra des conditions météos difficiles avec très peu de vent. J+ 81 Le 29 janvier, mouvement social sur le monocoque Alors que la France est dans la rue, Arnaud affiche sa solidarité avec les manifestants. « Je milite contre la délocalisation du vent d’Est et pour une augmentation de 10 nœuds. Aucune négociation n’est possible avec la direction… du vent. » J+ 86 – Le 3 février Retour dans l’Atlantique Nord J+ 89 Dernière tempête dans l’Atlantique Nord, peut-être la pire Ce n’est pas dans l’Atlantique Nord que l’on attend les plus grosses tempêtes et pourtant, les conditions ce 6 février sont particulièrement difficiles. Le vent souffle à 40 nœuds en rafales mais surtout, AKENA progresse face à la mer ce qui complique la situation. Arnaud enfile sa combinaison sèche pour la troisième fois depuis le départ. J+ 105 – le 22 février L’arrivée : premier bateau vendéen à terminer cette édition du Vendée Globe Dimanche en début d’après midi, AKENA Vérandas devrait franchir la ligne. Avec les abandons de VM puis de PRB, le monocoque noir devient le premier bateau vendéen à rallier les Sables d’Olonne.
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