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Les heures jusqu’au départ de la Transat Jacques Vabre fuient les unes après les autres mais leur hémorragie parvient mal à faire grimper l’adrénaline dans le sang d’Arnaud et Jean-Philippe. Les récents bulletins météo analysés par le skipper ont en effet agi comme de puissants antistress en annonçant des conditions idéales pour le célèbre plan Finot AKENA Vérandas. Le flux de secteur Nord, s’orientant à l’est dans les premiers jours de course, va ainsi offrir au monocoque noir des conditions qui le font avancer « comme un avion » selon les mots de son skipper. L’équipage, confiant dans le niveau de préparation de sa monture attaque ainsi la Transat Jacques Vabre avec un calme qui ferait presque oublier l’importance de la course à laquelle ils vont s’attaquer. Car même si le bateau n’en est pas à son coup d’essai – il a remporté l’édition 1999 – le tandem, rodé par plusieurs années de navigation en commun va s’engager pour la première fois sur une transatlantique en double, et en course. Le skipper, lors d’un tour d’horizon de ses concurrents, fait le décompte de ceux qu’il pense mettre dans son tableau arrière et en compte une petite dizaine, à savoir une majorité de bateaux de l’ancienne génération mais aussi quelques voiliers plus récents handicapés, pense-t-il, par une préparation tardive. Pour Arnaud comme pour ces projets ambitieux, le véritable objectif reste le Vendée Globe, dans un an. La perspective de ce tour du monde, souvent appelé l’Everest de la Voile, résonne avec une force particulière aujourd’hui alors que l’autocollant d’ « A Chacun son Everest » occupe une place de choix sur la bôme du 60 pieds Open. « Cali », venu à bout d’une leucémie dans ses jeunes années est en effet particulièrement attaché à l’association de Christine Janin. L’alpiniste, première femme à avoir gravi l’Everest sera demain au Havre pour aller voir des enfants malades et en emmener d’autres assister sur l’eau au départ de la course samedi à 13h02.
Zoom sur A Chacun Son Everest Interview d’Arnaud Boissières : « Je ne sais pas si j’aurais eu besoin d’une association comme A Chacun Son Everest car je n’ai jamais souffert du regard des autres pendant ma maladie. J’étais bien épaulé et je suis toujours allé de l’avant. Aujourd’hui, cette leucémie fait partie des faits marquants de ma vie comme ont pu l’être la Mini-Transat 1999 ou le fait d’avoir un petit garçon. Je l’ai pris comme une expérience de la vie qui m’a donné plus de combativité. »
Interview de Christine Janin, directrice de l’association « A Chacun Son Everest » Qu’apporte une personne comme Arnaud au projet « A chacun son Everest » ? L’apport d’Arnaud se fait sur deux plans. Le projet en lui-même est intéressant car il symbolise l’effort et le courage. C’est aussi quelque chose que tout le monde ne peut pas faire, qui est exceptionnel et que les enfants peuvent toucher du doigt. Par ailleurs, Arnaud en lui-même porte un message d’espoir. Il montre que la maladie n’empêche pas de faire des choses et que l’on peut même exceller dans son domaine et accéder à ce qui se fait de mieux. C’est un champion et il est à l’image de ces gamins qui sont aussi des champions. En effet, pendant nos stages, ils traversent une épreuve et parviennent à vaincre quelque chose de difficile.
Comment se déroulent les stages ? Un stage se déroule sur une semaine pendant laquelle, étape par étape on se prépare à l’ascension d’un sommet. Il y a toujours cette marche vers le sommet qui symbolise le dépassement et le courage. C’est une source de fierté pour les enfants que d’y arriver. Le regard des autres sur eux n’est plus le même et ils n’existent plus seulement en tant qu’enfant malade. Le dernier jour de stage, il se produit un déclic. La veille, ils ont la trouille au ventre alors qu’une fois le sommet atteint, ils ont l’image d’un exploit.
Est-ce qu’on peut, comme pour un médicament, mesurer les effets thérapeutiques de ces stages ? Je n’ai pas cette prétention. Les stages ne sont pas une baguette magique. Mais déjà, si la tête va mieux, c’est un bon résultat. Nous recevons beaucoup de messages de la part d’enfants à la suite des stages et cela procure des émotions très fortes. Sur quels critères un enfant participe t’il à un stage ? Ce sont des enfants qui souffrent de cancers ou de leucémie (tumeur solide ou leucémie) et qui sont loin des gros traitements ou en voie de guérison. Il faut par ailleurs qu’ils soient aptes médicalement.
Quelle est votre implication dans l’association ? Depuis les débuts du projet, j’ai participé à tous les stages et gravi tous les sommets avec les enfants. Le fait que j’ai gravi l’Everest crée une image très forte et c’est important que je sois à leurs côtés au moment d’atteindre le sommet.
L’association en chiffres : Date de création : 1994 Création de la maison « A chacun son Everest » à Chamonix : 2001 Enfants participant au stage : 2215 Semaines de stage : 157 Hôpitaux partenaires : 21
Point météo d’Arnaud Boissières : « A ce jour, les conditions météorologiques semblent favorables au bateau AKENA Vérandas car il y a beaucoup d’allures portantes. La première partie en Manche sera très stratégique car nous aurons des vents faibles et du courant. Il faudra donc veiller à exploiter au mieux les courants et à ne pas se prendre une marée de retard. Ensuite nous profiterons d’un vent de travers établi pour traverser le Golfe de Gascogne ce qui permettra de faire de la vitesse. Ce sont des conditions où l’on éprouve un vrai plaisir à barrer. Jusqu’à Gibraltar, la course sera rapide mais il faudra commencer à se placer par rapport à la dépression située au sud des Açores. L’objectif sera de passer cette dépression sans se faire ralentir. » http://www.akenaverandas.com/voile
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