|
Et visiblement, la chance était du côté d’Arnaud puisque le pot au noir l’a laissé passer sans le retenir plus que nécessaire. Même si le 60 pieds s’est arrêté plusieurs fois lors des dernières 24 heures, sa moyenne n’est jamais descendue sous les 7 nœuds alors que Dee Cafari, s’était littéralement arrêtée à l’approche de l’équateur quelques jours plus tôt. A la vacation ce matin, le skipper relativisait en rappelant que son pot au noir à lui durait depuis l’Uruguay et qu’à partir de ce moment là, chaque jour avait amené son lot de grains et de pétole. Visiblement ému d’enjamber cette frontière invisible, Arnaud expliquait dans un mail à l’organisation que, lors de l’approche, il avait eu l’impression de « voir ce fil sur l’horizon ». Avec ce qu’il faut de superstition, le marin a offert à Neptune un repas de fête : rillettes de canard et champagne. Une juste récompense pour la divinité qui a permis à l’Arcachonnais de vivre de si précieux moments dans les mers du sud. Même si quelques nuages noirs restent à proximité, Arnaud se prépare maintenant à toucher des alizés soutenus. « J’ai mangé mon pain noir » explique-t-il en faisant référence à l’absence de son solent qui se fera moins sentir à partir de maintenant. Arnaud à la vacation de ce matin : « J’ai fêté l’équateur avec un peu de champagne et un pot de rillettes. J’ai eu un joli couché de soleil et maintenant il y a des nuages noirs, on dirait qu’il va faire nuit. Ce n’est pas encore la dernière ligne droite mais c’est une bonne chose de faite. Le Pot au Noir n’a pas été trop dur pour moi, même si je suis encore un peu ralenti. La première fois que j’ai passé l’équateur, c’était sur la mini transat 2001, c’était formidable car sur un bateau de 6,5 et aujourd’hui c’est après un tour du monde donc c’est aussi un grand moment. Actuellement, ça ressemble à la Bretagne sud avec un gros grain qui arrive. Le vent est encore instable. Ça accélère un peu. Il y a entre 10 et 12 nœuds avec mer de face pas méchante. Il pleut à torrent donc je suis mieux à l’intérieur. Je suis par 2° nord et par 3° ça va s’arranger donc il faut être encore un peu patient ! Ça fait trois mois que je suis en mer et c’est passé vite. Dans trois jours peut être que j’en aurai assez mais jusqu’à aujourd’hui ça va plutôt bien. Je suis super bien dans mon bateau, pourvu que ça dure. » Mail envoyé hier à l’organisation : « A 18H43 TU (19h43 HF, ndlr) le 3 février. Je viens de basculer d'un hémisphère à un autre, du Sud vers le Nord. Physiquement, rien n’a changé et pourtant j'ai eu l'impression de le voir ce fil imaginaire sur l'horizon. Ce soir pour fêter ça, j'ai attaqué (ou dévoré), un pot de rillettes de foie de canard (mon dernier !) avec une petite bouteille de champagne offerte avant le départ par un couple de passionnés (merci à eux !). Je partagerai tout ceci avec Neptune et ma véranda… et par la pensée avec tous les Akéniens. C'est la sixième fois que je passe d’un hémisphère à l’autre dans l’Atlantique (auxquels s’ajoute un passage dans l’Indien à bord de Géronimo). Pour moi, c'est magique et ça prend des proportions particulières dans un parcours de tour du monde : j'en suis heureux. Merci hémisphère Sud ; je reviendrai reprendre goût à tes embruns ! Et à ton immensité. Bien le bonjour Hémisphère Nord ; ma véranda et moi, on ne fait que passer, nous allons vers les Sables d'Olonne à l'écurie ! Ma véranda poursuit son chemin et j'en suis fier. »
Classement à 11h00 : 1. Michel Desjoyeaux (FONCIA) arrivé le 1er février à 16h11 2. Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 765 milles de l'arrivée 3. Sam Davies (Roxy) à 2050 milles de l'arrivée ... 7. Arnaud Boissières (AKENA Vérandas) à 3141 milles de l'arrivée
|