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Arnaud Boissières en a peu vécu depuis le départ mais l’avarie qui est survenue en ce dimanche matin est pénalisante puisqu’elle le prive désormais de son Solent. Sur le coup, le skipper d’Akena Verandas a vraiment accusé le coup d’autant qu’à la perte d’une voile d’avant précieuse se mêlait un sentiment d’injustice : « la voile s’est déchirée à la manière d’une voile usée qui aurait beaucoup servi or elle était neuve.. ». Les photos transmises par Arnaud confirment son analyse révélant une voile partant presqu’en lambeaux sur le côté. L’handicap est évident : « dans le sud j’utilisais le Solent au portant jusqu’à 25/30 nœuds de vent et avec un ou deux ris dans la grand-voile et cela marchait bien. Heureusement j’ai un petit geenaker qui va compenser en partie ce problème. Mais le plus ennuyeux sera dans la remontée de l’Atlantique car au près j’aurais vraiment un trou entre 8 et 15 nœuds de vent ». Autant dire que la remontée dans les Alizés d’un bateau qui n’a déjà pas la réputation d’être le plus véloce au près, s’annonce pénalisante. Fidèle à son tempérament, Arnaud a accusé le coup quelques heures avant de se forcer à positiver : « quand je vois ce qui est arrivé à Yann je me dis que moi je suis toujours en course. Mon angoisse c’était de ne pas pouvoir bien enrouler la voile mais c’est fait. J’apprends tous les jours, je note plein de détails, cela me servira pour une autre fois ». Il est vrai que « l’élève » Boissières, peu connu avant ce tour du monde, révèle un joli tempérament et une application qui pourrait porter plus encore ses fruits dans la deuxième partie de la course : « je viens juste d’empanner, je pense que je vais me retrouver en meilleure position qu’Aviva vis-à-vis des vents de nord/nord-ouest qui arrivent. Mon bateau est un peu volage et léger, davantage que le Roxy de Sam par exemple, mais je m’applique à réaliser les plus belles trajectoires possibles ». A moins de 24 heures de son entrée dans le Pacifique, Arnaud vient de payer son tribu à l’Océan Indien. Il sait aussi qu’il partage avec seulement 17 autres solitaires le rêve de pouvoir encore boucler son tour du monde. Et qu’en soit cela n’a pas de prix. Mail d’Arnaud envoyé cet après-midi : « Je me suis fait scalpé mon solent par un Océan nommé Indien. C’était dur à vivre cette nuit et ce matin, là ce soir (ce midi en France, ndr) avec le soleil, j’ai remis des chevaux sous le capot de ma véranda pour glisser vers le Cap Leeuwinn et vers l’entrée du Pacifique. Les joies les peines font parties de la vie terrestre comme de la vie dans les mers du globe. Tous les jours je découvre des choses fabuleuses dans ce tour du monde. Les choses pourraient être mieux pour moi, mais il faut relativiser : cela pourrait être bien pire ; alors ma véranda et moi ont continu notre chemin. Je vais apprendre à régater sans mon solent, et continuer à me tirer la bourre avec tous ces british autour de moi ! »
Classement à 11 heures 1 Michel Desjoyeaux (Foncia) à 11925.3 milles de l’arrivée 2 Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 60.0 du leader 3 Sébastien Josse (BT) à 160.3 milles 12 Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 1933.6 milles
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