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Lorsqu’il s’est fait rattraper par des petits airs au large de l’Uruguay, le skipper a été contraint de faire une route proche des côtes brésiliennes et surtout du centre anticyclonique et des vents faibles qui vont avec. Depuis, le bateau vendéen évolue au près, une allure qui n’a jamais été son fort et qu’il l’est encore moins depuis que le solent est déchiré. Privé de cette puissante voile d’avant inutilisable depuis le 20 décembre, le plan Finot ne dispose que de 230 m² de surface maximum quand ses concurrents affichent entre 300 et 350 m² de voile, soit un déficit de puissance de 25 à 35 %. Bref, Arnaud ne joue pas avec les mêmes armes que ses adversaires et il était logique que ce différentiel joue à un moment ou à un autre. A ce problème « mécanique » s’ajoute une météo compliquée qui pourrait le contraindre à un virement de bord peu productif pour passer la pointe du Brésil. A proximité du littoral, grains et pétole se succèdent et obligent à de multiples manœuvres sur un plan d’eau parsemé de pécheurs et de plateformes pétrolières rarement indiquées sur les cartes marines. Dans un mail envoyé aujourd’hui, le skipper dresse un tableau sombre et parle même d’une « punition » puisque son dernier routage lui promet de passer la latitude de Salvador de Bahia dans 3 jours seulement alors que le port brésilien n’est qu’à 500 milles. La délivrance devrait arriver avec le passage de Recife, l’extrémité est du Brésil. Jusque là, Arnaud se prépare à des jours difficiles mais il a déjà prouvé au cours des 20 000 milles déjà parcourus qu’il fait partie de ceux qui se révèlent dans l’adversité et son célèbre optimisme continue de lui faire dire que « demain sera meilleur ». Mail envoyé cet après-midi : « C’est dur, c’est pénible. Grain puis ballast avant de vider à nouveau les ballasts. Mes réserves diminuent et je commence à surveiller la nourriture (tous les deux jours, je me fais un plat salé). J’éteins l’ordinateur dès que je peux et ça ressemble à une punition. Ce matin, j’ai tourné en rond pendant plusieurs heures. Là, il y a du vent inverse à la prévision donc c’est instable. Par dix nœuds de vent avec Grand Voile et trinquette, j’ai vraiment l’air ridicule et surtout, je n’avance pas d’un caramel et plus j’avance vers le nord, plus la météo m’est défavorable. En tous cas, cette nuit, dans la pétole autour des plateformes, ça parlait brésilien à la VHF. »
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