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Les deux marins n’avaient de toute façon pas la tête à profiter du paysage, toujours concentrés sur la marche du plan Farr puisqu’à bord, il n’y a guère que le pilote automatique qui s’économise. « Depuis quatre jours, nous barrons tout le temps » expliquait Arnaud en début d’après midi. Vincent Riou, qui a déjà réalisé des remontées plus spectaculaires, est bien loin de baisser les bras : « on essaie de faire avancer le bateau comme on le fait depuis le début, en bons marins, on ne désespère pas ». Et le classement de 17 heures est venu récompenser ces efforts, puisque 1876, pénalisé par une couteuse option nord, vient de lâcher sa huitième place. Dans des alizés constants, une vingtaine de nœuds, le bateau vendéen est également parvenu à réduire l’écart avec Aviva, même si le bateau britannique possède toujours 75 milles d’avance. A moins de 800 milles de l’arrivée, Arnaud et Vincent comptent toujours se refaire avec une stratégie simple : réduire l’écart, puis profiter de la zone de vents faibles à l’approche de Puerto Limon pour se faufiler devant. A l’heure où les deux leaders, Safran et Groupe Bel sont passés en mode furtif pour leurs derniers milles, Vincent n’exclut pas d’utiliser cette subtilité du règlement pour « tromper l’ennemi » avant l’arrivée. Selon le dernier routage effectué, AKENA Vérandas devrait franchir la ligne d’arrivée vendredi. Interview de Vincent Riou Ca se passe bien depuis que l’on est rentré dans la mer des Caraïbes cette nuit. Nous avons décidé de traverser l’Arc Antillais tout près de Sainte-Lucie pour éviter le dévent de la Martinique. Nous sommes passés de nuit et n’avons vu que les lumières. Même si les conditions ne nous sont pas spécialement favorables, on essaie de faire avancer le bateau comme on le fait depuis le début. En bons marins, on ne désespère pas. Il y a peut-être encore moyen d’en gratter un ou deux avant l’arrivée. D’autant plus que les derniers milles sont cotons car il n’y a jamais de vent près de Puerto Limon. Si l’on a que 30 milles de retard à ce moment là, ce sera jouable, si c’est 100, ce sera beaucoup plus compliqué. On prévoit d’arriver le 27 même si l’on ne sait pas encore tout à fait à quelle heure. Pour l’instant, on n’a pas encore songé à utiliser le mode furtif. On le fera peut-être mais il faut qu’il y ait vraiment un intérêt. Interview d’Arnaud Boissières Il fait chaud et il y a du soleil. Tout à l’heure, il y avait un peu moins de vent mais c’est reparti. Nous avons à peu près 20 nœuds maintenant. Comme nos petits camarades, ça fait maintenant quatre jours que l’on n’arrête pas de barrer. Je ne trouve pas ça fatiguant, au contraire, c’est plutôt rigolo.
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